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DAMOiSEAUX est né suite à mon expérience en tant qu’assistante style Upcycling à Düsseldorf en 2012. Puis DAMOiSEAUX a bouleversé notre vie petit à petit, en nous permettant de prendre conscience de la globalité de l’enjeu écologique. D’abord on a commencé par faire attention aux textiles que l’on achète : comment sont-ils fabriqués et dans quelles conditions ? Et au fur et à mesure, on agrandit son spectre d’upgrades éco-conscientes. A force de discussions et avec le temps, cette réflexion nous a amené à la conclusion que l’envie de partir à la découverte d’autres cultures ne nous a jamais quittée. Pas si loin de la France, à l’ouest de l’Union Européenne et avec un grand-savoir faire textile, c’est tout naturellement que l’on a pensé au Portugal.

1• Partir voyager avec notre marque de mode éthique, le pourquoi du comment.

J’ai toujours eu la bougeotte, j’aime sortir de ma zone de confort pour découvrir de nouvelles choses, vivre dans les cartons et les déménager, oui on a vu plus funky. Surtout quand on a beaucoup de tissus, des grands, des moyens, des petits #zérodéchet… Ça représente vite une dizaine de m³ juste de matos à bouger. Mais la perspective du renouveau est bien plus attrayante pour me décourager de faire travailler mes biscotos en plein été.

Dans ce projet de déménagement, le plus problématique dans notre avancée, c’était comme pour tout le monde : le Coronus, qui nous bloquait depuis le mois de mars. Après quelques contrôles des gardes frontières, nous avons pu entrer sans trop de difficultés. On l’a beaucoup lu ou entendu, les portugais.e.s ont été moins touchés par rapport à leurs voisins européens. Ici, une stricte vigilance s’applique, on voit les masques rigoureusement portés, même dans les petites campagnes isolées où l’on peut croiser des papys sur un banc out of nowhere avec pour seul compagnon leur filtre buccal bleu, histoire de regarder défiler les voitures et les éventuels passant.e.s en toute sécurité.

Lors de notre arrivée cette fin juin 2020, nous nous sommes installés pour un mois dans le coin de Coimbra, le temps de trouver un logement permanent. Coimbra c’est aussi le nom de cette ville universitaire en mode Poudlard, créée au 13ème siècle, l’Université de Coimbra est l’une des plus anciennes d’Europe. En temps normal, des étudiant.e.s à cape déambulent par milliers dans la ville et les bars, ambiance Pré-au-Lard garantie. C’est une région qui nous plaît car moins fréquentée que ses cousines de Porto et Lisbonne. Les paysages sont divers et variés, un peu de ville et beaucoup de campagnes, de petits bleds au bord de l’océan, de spots de rivière parsemés un peu partout dans l’intérieur des terres, près des montagnes…

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Et puis finalement après trois semaines de recherches, le destin en a décidé autrement. Contraint.e.s par l’offre et la demande, nous avons finalement trouvé un lieu de vie / travail adapté à nos besoins à 1h30 au sud de Coimbra. A Cadaval pour être très précise, une sorte de campagne urbanisée, d’où je pourrai aller poster vos colis à pieds et ça, c’est une grande satisfaction éco-logique. On ne sera pas loin non plus des spots de surf de Peniche ou encore la grande Nazaré, et à 70km à peine de Lisbonne.

L’idée globale pour voyager avec son projet, c’est d’être flexibles, rester curieu.x.se et ouvert.e.s d’esprit en mode qui vivra verra ! Ainsi, nos pérégrinations portugaises continuent dès le mois d’août entre la région de Leiria et le district de Lisbonne rpz.

Livin' la vida locale em Portugal

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On nous demande toujours : « Pourquoi le Portugal ? » C’est un peu, comme si on nous demandait si Scribe est une bonne situation. Pour moi, il n’y a pas trois raisons phares rangées par ordre d’importance, c’est l’ensemble d’idées qui fait tilt 💡

J’aimais bien l’atelier à Lyon bien que je n’avais pas de jardin. J’aimais bien vivre au cœur de cette belle ville de gones et en même temps, j’étais souvent oppressée par l’insécurité que représente la ville pour moi. J’adorais le marché de la Croix-Rousse, surtout le bio du samedi matin, bien qu’il flinguait mon budget. Puis honnêtement, au bout de 5 ans, je trouvais ça moins challengeant de rester dans cette ville, pour avancer, j’ai besoin de changement, de sortir de ma zone de confort. Ces contradictions ont longtemps cohabité dans mon ciboulot avant de penser à la solution de l’expatriation.

Globalement le Portugal représente pour moi, la culture de l’artisanat textile, ici on sent par le nombre d’ateliers de couture que c’est du serious business. Je veux dire par là, que les gens s’y connaissent en terme de couture, femmes et hommes confondu.e.s, c’est limite si tout le monde n’a pas une machine chez soi. Je ne peux pas faire de généralités à ce sujet, bien que l’institut Ipsos qui vit en moi se dit qu’on doit pas être loin du 95 % de taux d’équipement. Ainsi, trouver facilement un magasin d’entretien des machines sans trop de délai, c’est le bonheur sans nom pour un.e couturier.e professionnel. A Lyon, il y avait une seule boutique dans la ville, pas trop loin de chez moi merci. Le monsieur ne réparait pas toutes les marques, quand je venais il m’engueulait gentiment car je me servais trop de ma machine #lol de plus, ses délais beaucoup plus long. Il était seul avec son fils à réparer presque toutes les machines de la ville, je me suis toujours dit que c’était un métier d’avenir pour les personnes à l’esprit electronico-mecanico. Anyway, je ne saurais vous dire pourquoi le Portugal précisément, en revanche je peux vous dévoiler ma liste non-exhaustive de bonnes raisons pour tenter cette nouvelle destination :

  • Envie d’apprendre du savoir-faire textile portugais et d’apprendre le portugais tout court !
  • L’humanité dans les échanges avec les portugais.es
  • Être sereine et en sécurité en tant que femme, puis en tant qu’être humain (classé parmi les 10 pays le plus secure au monde, pas Ipsos mais je ne trouve plus la réf’) Les gens laissent tout ouvert, c’est déconcertant de repos pour l’esprit
  • Besoin d’avoir mon propre jardin pour y cultiver mon potager, ici c’est un sport national tout le monde a son propre potager
  • L’océan n’est pas loin et j’ai drôlement envie de me remettre à surfer le wave 🌊
  • C’est une zone géographique parfaite pour continuer de visiter plein d’endroits que je ne connais pas aux alentours : sud du pays, Afrique du nord, îles de Madère / Açores… Mais aussi pour retourner plus régulièrement en Espagne, chère à mon cœur
  • Pas si loin de la France pour venir vous voir sur les marchés parisiens et ailleurs d’ailleurs 😉
  • On retrouve plein d’objets, de modes de fonctionnement que l’on connaissait quand on était petit.e dans les 90’s, c’est un véritable voyage nostalgique qui m’émerveille
  • La diversité architecturale, les azulejos dans tous les sens..

[…]

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Certes, il y a bien-sûr des choses qui me manquent déjà comme le fromage, rien n’est parfait vous le savez, il suffit juste de trouver son équilibre à soi. A la question : je préfère le fromton ou voyager plus souvent ? Même si je passe trop de temps à me demander pourquoi ils ne produisent qu’une seule sorte de fromage ici, La réponse est évidente, I will survive sans Gouda.

Retour aux sources de l'artisanat puis de la vie

Au bout de six ans, l’éthique de DAMOiSEAUX a pris contrôle sur l’organisation de ma vie ou l’inverse, allez savoir. De fil en aiguille, sans s’en rendre vraiment compte, notre style de vie évolue, plus conscient et respectueux de l’environnement. On réfléchit à toutes ces habitudes avec lesquelles on a grandi et on ne voit plus l’intérêt, voire même, cela nous apparaît comme une aberration. Pour notre part, on se rend compte que l’on vit mieux, en vivant plus simplement. Du genre Pourquoi est ce que je ne ferais pas ma propre lessive qui ne pollue pas lorsqu’elle est évacuée et qui me coûte 10 fois moins cher ?

Il ne faut pas se leurrer, tout cela passe inexorablement par le fait d’avoir du temps (et de le prendre). Le temps de s’occuper d’un jardin, de pouvoir enfin s’occuper d’un.e chien.ne, d’avoir du temps pour se promener avec lui/elle au bord de l’océan.. Oui les chien.ne.s sont autorisés en laisse sur les plages portugaises 🙂 Si tu es toujours en train de nous lire, c’est que tu es déjà peut-être passé.e par là, ou que tu es prêt.e à le faire ?

Choisir d’être une petite marque indépendante fait que je peux être maîtresse de mon temps, pour travailler, pour cuisiner tous les jours, pour bouger quand je veux, pour péter un câble un jeudi après-midi et décider d’aller me baigner à la rivière, puis être à la bourre sur mon programme vendredi soir et travailler d’arrache pied, samedi, dimanche jusqu’à lundi et y déposer une dizaine de colis… Le week-quoi ? #3615mavie

Je vis ce changement de cadre, dans l’optique d’un retour aux sources. Parce que j’ai besoin de me sentir bien pour avancer, de profiter des bonheurs simples que me procure le fait d’être en vie, en bonne santé, dans une atmosphère paisible et nature. Je pense aussi que d’être honnête avec soi-même permet de délivrer un travail sincère et de meilleure qualité. J’ai beaucoup, beaucoup d’idées de développement pour DAMOiSEAUX et j’ai hâte d’être bien installée pour commencer à les réaliser, alors, on en reparle au mois d’août prochain ? 👻

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ANAïS

ANAïS

Passionnée de chineries antiques et en toc, je collectionne les boutons goldys de mamies et les tissus super rétro turfu. Chez DAMOiSEAUX je crée engagé, je couds et j'écris des mots doux pour vous proposer une mode créative aux avant-postes.
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2 réflexions sur « Pourquoi nous avons déménagé l’atelier Upcycling DAMOiSEAUX ‘made in France’ au Portugal  ? »

  1. Damoiseaux tu déchires!
    Bravo pour le challenge ! Et merci pour l’article qui m’apporte un autre point de vue sur l’artisanat au Portugal.. j’avais rencontré à Lisbonne une créatrice se trouvant assez en marge de la consommation textile portugaise, rimant plus avec quantité et fast fashion à petit prix qu’à la qualité et au recyclage! Cetait ya 10ans! Alors chouette bonne suite!
    La duve 😉

    1. Hello Sarah,
      Tout d’abord je tenais à te remercier pour ce retour, l’exercice du blog n’est pas toujours aisé, ça fait plaisir d’échanger autour de ces sujets 🙂
      Effectivement, de ce que j’ai pu observer, dans la partie nord jusqu’à Coimbra, les initiatives et recyclage et projet de mode éthique sont peu nombreux. Mais tout de même, ça commence, doucement. Je vois plein de chouettes marques sur Instagram localisées à Lisboa et à Porto principalement. A noter que ça reste un petit pays avec 10 millions d’habitants, donc finalement ça semble être une niche à peu près comme chez nous en France, au prorata du nombre d’habitants.
      On va tâcher de faire des articles plus réguliers dès le mois prochain pour vous tenir raconter tout ça ❤ beau week-end ✌

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